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A la loupe
01/07/2025
5 minutes de lecture

Méga-camions : un atout pour réduire les émissions de CO2 ?

Les méga-camions une réalité européenne hétéroclite. Ces poids lourds de plus de 25 mètres de long pouvant transporter jusqu’à 60 tonnes alimentent les débats dans les pays de la communauté européenne. Certains pensent qu’ils permettent de réduire l’empreinte carbone par tonne transportée du fait de la réduction du nombre de camions sur les routes, d’autres qu’ils nuiraient aux infrastructures routières et augmenteraient les risques d’accidents.

Méga-camion Portugal

Vers la généralisation des méga-camions en Europe ?

En France, les méga-camions sont interdits et une majorité de députés français, ainsi que les différents ministres des transports, s’opposent toujours à la retranscription d’une directive Européenne dans la réglementation française. Mais certains de nos voisins européens comme l’Allemagne, l’Espagne, les Pays-Bas ou le Portugal les ont déjà adoptés depuis plusieurs années.

Chez STEF, sur les 8 000 cartes grises dont nous disposons, une part infime concerne des méga-camions qui sont basés en Espagne, au Portugal et aux Pays-Bas.

Massifier pour décarboner ?

Ajouter une 2e semi-remorque à un ensemble routier ou un porteur permet de charger 19 palettes supplémentaires (voire 38 avec double plancher) pour un coût inférieur à l’utilisation d’un second ensemble. Cela permet donc d’optimiser la massification, avec pour conséquence, la réduction de l’empreinte carbone par tonne transportée. 

Sébastien Dortignac, Directeur technique des véhicules STEF précise : « Lorsqu’un seul véhicule fonctionne avec 3 ou 4 tonnes de marchandises supplémentaires, il sera davantage sollicité, mais il ne sera pas nécessaire de mettre en exploitation un 2e ensemble. Donc si le camion est suffisamment chargé,  effectivement on réduit notre empreinte carbone ».

manutentionnaire STEF
© OBO/Clandoeil.fr

Les impacts liés à la l’implémentation des méga-camions

D’une part ces camions sont plus chers à l’achat qu’un camion standard, et d’autre part il existe des restrictions particulières d’exploitation liées à ces ensembles selon chaque pays. Par exemple, les horaires et jours de circulations peuvent être réglementés.

Si en France les détenteurs du permis super poids lourds seraient en mesure de conduire ce type de véhicules allongés, ce n’est pas forcément le cas dans les autres pays. Il faudra donc examiner la réglementation au cas par cas. Si les méga-camions venaient à être adoptés partout en Europe, STEF pourrait envisager de dispenser une formation dédiée pour accompagner ses conducteurs. 

Pour Sébastien Dortignac, ces véhicules plus longs vont forcément changer leur façon de conduire : « la particularité pour manier ces véhicules, c’est la double articulation, il faut donc une certaine expérience pour reculer ou manœuvrer. Comme toutes les nouveautés, il faut les accompagner et la formation est un enjeu renforcé avec les mega-camions ».

Intégrer une flotte de méga-camions pose aussi des questions d’exploitation. Chez STEF, par exemple, tous nos sites ne sont pas dimensionnés pour mettre un véhicule long à quai. De la place, il en faut aussi pour dételer la seconde remorque et décharger les deux simultanément sur deux quais. 

D’un côté, la quantité de marchandise transportée d’un point A à un point B aura été optimisée et on aura économisé des émissions de gaz à effet de serre. Mais de l’autre, on aura allongé les temps de chargement et de déchargement. Et sur les quais, la notion de rapidité est cruciale.

Sébastien Dortignac
Sébastien Dortignac
Directeur technique des véhicules

Les poids lourds zéro émission : une solution d’avenir 

Les méga-camions font-ils partie des solutions pour décarboner le transport routier de marchandises ? La question n’est pas tranchée.

À l'origine, la révision des règles sur les poids et dimensions des camions présentée au Parlement européen visait à encourager le développement des poids lourds zéro émission, en autorisant un espace supplémentaire pour installer des piles à batterie ou à hydrogène. Mais les véhicules diesel bénéficieraient aussi de ce relèvement à 44 tonnes (contre 40 tonnes actuellement) et ce jusqu'en 2035 minimum. 

En attendant de connaitre les contours de la loi sur les méga-camions, STEF continue de tester les mega-trucks dans les pays où c’est légalement possible et là où les cas d’usages se présentent.

Les mega-trucks une solution pour pallier le manque de personnel.

Dans un contexte de pyramide des âges, défavorable au monde du transports, les mega-trucks peuvent être une solution de court terme pour lutter contre le manque de conducteurs en Europe. Néanmoins, ce n’est qu’une solution pour attirer à nous les jeunes générations. 

Méga-camions au Portugal : un pari gagnant

Au Portugal, nous avons mis en place depuis 2 ans plusieurs méga-camions pour l’un de nos clients afin d’optimiser le transport de gros volumes de marchandises depuis son centre de production vers notre site de stockage.

Avec l’utilisation d’un tracteur tirant deux semi-remorques, nous densifions la marchandise transportée et réduisons nos coûts de transport ainsi que notre empreinte carbone.

Pour Luis-Miguel Suarez Mota, Directeur commercial de STEF au Portugal, le projet est une réussite : « Mettre en place cette flotte a nécessité un an de négociation avec les autorités portugaises. Mais aujourd’hui on peut dire que c’est un succès. Cela nous a permis d’économiser environ 8,5 t de CO2e / an ».

Pour aller plus loin dans la réduction de notre empreinte carbone, nous avons converti ces méga-camions au HVO, un biocarburant plus propre que le diesel, fabriqué à partir d’huiles végétales. Il permettrait de réduire d’environ 75 % nos émissions de CO2.

 

En conclusion, les méga-camions répondent à des cas d’usages bien spécifiques. Leur usage devra être encadré, mais ce type de véhicule ne répondra pas à l’ensemble des utilisations du monde du transport.

L’enjeu majeur reste la décarbonation de la supply-chain à un coût acceptable pour tous.
Opposer les technologies (électrique vs B100 vs HVO…) ou les modes de transports (route vs rail…) ne fait que nier la diversité de la logistique au sens large et favorise l’immobilisme. 

Chez STEF nous avons décidé d’avancer avec les technologies du moment qui rendent la décarbonation digeste pour nos clients et les consommateurs.